mardi 10 juin 2008

Le samedi 7 juin

Une fin de semaine chargée qui s'annonce. Comme nous avons manifesté notre intérêt à rendre visite l'endroit où Nelida, la fille de Carmen, travaille comme animatrice d'un genre de maison de jeunes en après-midi, nous reportons au dimanche notre visite touristique à la grotte de Pikimachay et à la ville du Huanta.


À la suggestion d'Amélie, une dizaine d'entre nous décidons de nous rendre à pied jusqu'à la croix illuminée qui domine la ville d'Ayacucho depuis l'une des montagnes située sur le côté nord de la ville.


Nous devons d'abord nous rendre en cambi au barrio Wari Occopampa. En passant devant le dispensaire, nous saluons les maçons au travail. Puis nous empruntons la longue ascension vers la croix en gravissant les marches d'un très long escalier que sont en train de construire les femmes du barrio.Salutations et embrassades au passage comme le veut la tradition péruvienne. En haut du barrio, nous nous attaquons à la montagne en gravissant de petits sentiers à travers les cactus et les eucalyptus. Ces sentiers sont des raccourcis par rapport à la longue route en serpentin qu'empruntent les voitures jusqu'à un belvédère situé à mi-chemin. La suite de notre ascension se fait en terrain découvert. Nous sommes étonnés de voir une plantation de tournesols entourée de barbelée à une telle distance des habitations. Finalement après 1 h 30 de montée nous atteignons la croix située à près de 800 m au dessus du centre de la ville, donc à environ 3 600 m d'altitude.


Après les photos d'usage et une petite collation, nous entreprenons notre descente par l'autre côté de la montagne. Nous empruntons des chemins de montagnes au hasard en ayant comme point de repère la route asphaltée par laquelle nous sommes arrivés en autocar deux semaines plus tôt. Nous traversons un barrio fort pittoresque dans lequel aucune voiture ne circule en raison de la route en terre battue d'une inclinaison qui frôle parfois le 40 degrés. Nous atteignons la route asphaltée, la suivons sur quelques mètres puis nous décidons de couper à travers les quartiers construits à flanc de montagne pour arriver le plus rapidement possible à notre casa que nous parvenons à repérer.


Rendus tout près de la casa, en passant dans une étroite ruelle, un gros chien sort d'une maison en jappant et mord Jean-Roch à la cuisse. Après les premiers soins, il contacte sa compagnie d'assurance au Québec pour avoir l'autorisation d'être soigné adéquatement à Ayacucho. Il recevra les soins nécessaires et s'en remettra sans séquelles.Vers 15 h, señior Fernandez (propriétaire de la casa), nous conduit vers un quartier situé plus haut que la casa, presque dans la campagne à flanc de montagne. Nous sommes attendus à la casa SOMDES (Solidaridad Mundial De Dasarollo Social) que dirige sa fille Nelida. Elle accueille des jeunes de 7 à 13 ans le samedi après-midi pour les initier au tissage, au tricot, à la confection de bracelet, et mème à l'élevage de cochons d'Inde (cuy) pour vendre afin de recueillir des fonds pour financer les activités de la maison.

Un groupe formé d'une douzaine de jeunes garçons et filles nous attendent bien sagement pour nour souhaiter la bienvenue en chantant deux chansons en groupe. De plus, nous avons droit à la récitation d'un poème et d'une chanson a capella par deux d'entre elles. Le tout se conclut par la visite des lieux. Dans une partie de la cour, une vaste casa en construction ressemble un peu au dispensaire. Nous apprenons que Casira finance la construction de cette maison qui habitera des ateliers de boulangerie, de tissage et d'autres formes d'artisanat pour les enfants démunis de ce quartier. Un des objectifs de cette organisation est de rassembler les jeunes, mais aussi de leur permettre de développer leurs compétences sociales, leur estime d'eux-même, et d'apprendre les techniques de diverses formes d'artisanat en autre au cas où ils ne réussiraient pas à se trouver un emploi à la fin de leurs études. Le terrain sur lequel sont situées la maison actuelle et celle en construction est un don de la famille Fernandez. Cette famille semble très impliquée socialement dans leur communauté. Une autre activité pendant laquelle les membres du groupe ont été très émus. Bravo à Nelida et ses assistantes pour leur merveilleux travail.
Pour en savoir plus sur la maison SOMDES, voici le site

Le vendredi 6 juin

Le soleil est encore au rendez-vous ce matin. Le temps est beau et sec.8 h 15 et toujours sans nouvelle de notre tansporteur. Nous nous dirigeons vers l'arrêt d'autobus pour prendre un transport en commun.

Zacarias, le chauffeur de la minivan de la communauté, arrive à la dernière minute à l'arrêt d'autobus; même que certains membres du groupe avaient commencé à monter dans le combi 14. Ils redescendent et nous montons avec Zacarias pour une autre journée de travail au chantier.

Le plan électrique du dispensaire nous est remis à notre arrivée. Mathieu et Pierre (votre humble serviteur au clavier) font une première tournée de vérification avec le maestro Marcelino. Nous notons sur le plan les omissions et lui faisons part des premières corrections à apporter. Il acquiesce assez facilement à nos demandes.
Après la pause, Marcelino nous demande d'arrêter de scier le ciment parce que des maçons commencent à être malades à force de respirer la poussière de la coupe. Il propose plutôt que nous marquions très clairement les endroits à découper et il fera entrer deux employés dimanche uniquement pour faire les coupes. Nous acceptons sa demande et sa proposition. Mieux vaut garder nos maçons en santé.

Au retour à la casa, Alex nous réserve une surprise: il a organisé un match de volleyball opposant les Québécois (notre groupe) et les Péruviens (les membres de la famille Fernandez, propriétaire de la Casa où nous habitons).À l'enjeu, une caisse de bière péruvienne "Cristal".
Les cousins (3) et cousines (4) Fernandez se regroupent autour de Delhia, une joueuse expérimentée. De notre côté, nos effectifs sont amputés de deux joueurs de grand talent: Alex qui a un rendez-vous imprévu pour le chantier et Bianka, un rendez-vous pour une visite guidée à l'université. Nous sommes quand même 7 braves volontaires pour relever le défi: Marie-Eve, surnommée Paloma (colombe) par les Péruviens, Amélie, Myriam, Jacynthe (qui remplace sa fille Bianka), Dolorès et Jacques (qui font un retour au jeu après plusieurs années) et Pierre.
Nous encaissons une amère défaite, notre formation n'ayant pas pu trouver la coordination et la forme nécessaire pour tenir tête aux attaques soutenues des Péruviens. Nous nous sommes avoués vaincus... pour le moment. Un match revanche s'impose et cette fois-ci, nous tenterons d'avoir nos effectifs au complet.


lundi 9 juin 2008

Le mercredi 4 juin

Ce matin, le minibus de la communauté ne vient pas nous chercher. Nous devons prendre le minibus du transport en commun aussi appel combi.
Sur le chantier, les travaux reprennent. Jacques et Laurie se sont définitiement approprier le leadership de la plomberie et ce n'était pas un luxe. Ils doivent faire l'inventaire des matériaux disponibles et anticiper les besoins en fonction du plans et des travaux réalisés à date. Les discussions sont parfois fermes avec les péruviens responsables du chantier pour les forcer à suivre le plan.
Viateur est parti en grande. Il découpe le béton et les briques à un rythme soutenu. La bâtisse est rempli de poussière de coupe de ciment. Les maçons signifient au maestro que cette poussière les gêne. Nous aussi. Lyne se rend alors à la quincaillerie pour acheter des masques aux membres de notre groupe et aux péruviens qui en veulent. Très peu d'entre eux acceptent. Les travaux avancent lentement, mais plus sûrement.
À l'analyse du plan des installations électriques du dispensaire, nous nous rendons compte qu'il n'y a aucune sortie pour le téléphone et les ordinateurs installées. Ce sera notre priorité pour le lendemain au chantier.

Pour l'après-midi, Alex, notre guide, nous a organisé une visite à un orphilinat nommé Casa Hogar Los Gorionnes qui se traduit "Maison Hogar, les Moineaux". Il ne peut nous accompagner, mais confie à Nelida, la fille de Carmen, propriétaire de la casa où nous habitons, le mandat de nous y conduire. Mathieu sera notre interprète. Une dizaine de membres de notre groupe prennent un combi pour se rendre dans la partie sud-ouest de la ville, de l'autre côté du El Mirador (colline située au centre de la ville). Nous devons faire à pied les quelques centaines de mètres en pente descendante dans une rue d'un quartier des plus pauvres avant d'arriver au seuil de la porte de la Casa Hogar. Après quelques hésitations de deux membres du personnel à nous laisser entrer, c'est Gil, belge d'origine et fondateur de cet orphelinat qui nous accueille avec le sourire aux lèvres.
Il nous fait assoir dans la cour intérieure de la maison sous une immense bâche et commence son récit de la fondation de sa casa et nous décrit les enfants qui y vivent et le personnel qui y travaille. Nous apprenons que son épouse française d'origine est décédée en avril dernier d'un cancer. Il nous présente également son fils Aaron, un bel adolescent d'environ 18 ans, qui vit au Pérou avec ses parents depuis 8 ans. Gil nous confie que même si son fils retourne en Europe deux semaines par année, il a bien hâte de revenir chez lui à Ayacucho dans la Casa Hogar.
Gil nous partagent avec beaucoup de générosité et d'à propos comment lui et son épouse en sont venus à fonder cet orphelinat qui accueille maintenant près de 25 enfants dont un bon nombre sont handicapés physiques ou déficients. Il ne tarit pas d'éloges pour sa quinzaine d'employés permanents dont la majoríté sont péruviens. Il peut également compter sur une dizaine d'employés à temps partiel d'origines diverses: nord-américaines et européennes qui y viennent pour des séjours plus ou moins prolongés.
Ce fut une rencontre chargée d'émotions pour les membres du groupe. Nous étions en présence d'un homme de foi, d'une très grande foi, un témoin vivant du message christique. Gil nous a ensuite permis de visiter les locaux où se trouvaient quelques enfants. On aperçoit Myriam et Marie-Eve avec Roberto et d'autres enfants.
Avant de partir, nous lui avons remis de l'argent, des objets amenés du Québec pour les enfants et un peu de nourriture.
Pour en voir et en savoir plus sur la Casa Hogar Los Gorionnes, vous pouvez cliquer sur lelien suivant et prendre le temps de faire la petite visite des lieux avec Sergio.


Le mardi 3 juin

Transport sur le chantier avec le minibus de la communauté. Dès notre arrivée vers 8 h 20, nous constatons que les maçons sont déjà à l'oeuvre et en bon nombre (6 maçons et 6 pions, autre nom pour aides).
Les membres du groupe se répartissent pour les tâches habituelles:
  • sassage du sable et préparation du mélange à crépi
  • coupe de la brique et du ciment pour passage des tuyaux et installation des boîtes électriques
  • pose des tuyaux d'aqueduc.

Jacques et Laurie ont enfin le plan de la plomberie en mains. Le plan répond à bon nombre de questions, mais en soulève tout autant. Ils se rendent compte qu'une partie du travail de plomberie réalisé à date ou en cours de réalisation par señior Anccasi, n'est pas fidèle au plan. Exemple: il a entrepris les travaux pour placer une toilette et une douche dans un local qui est prévu servir de rangement pour la conciergerie.

Devant cette situation, Mathieu (Grégoire) et Pierre (Mathieu) demandent le plan électrique de dispensaire afin de vérifier si les installations faites ou en cours (telles que nous ont été indiquées par le señior en question) sont conformes au plan. On nous les promet pour le lendemain.

Viateur éprouve des difficultés avec la meule à découper le béton qui a plusieurs ratées. Si vous voyez l'outilen question et l'installation électrique, vous comprendreriez pourquoi. Lyne entreprend les démarche pour en trouver un autre, et c'est chose faite avant la fin de l'a.m..

À chaque fois que nous quittons le chantier, nous sommes ébahis par la quantité de travail réalisée par le maçons péruviens. L'un deux, très petit de taille, a abattu une tâche très exigeante physiquement et nous nous demandions comment il faisait pour tenir le coup. On nous a fait remarqué que lui et plusieurs de ses collègues chiquent la feuille de coca au travail. Ils ne prennent jamais de pause. Même si souvent nous allons leur porter un fruit pendant notre pause, ils n'arrêtent pas. Nous devons leur peler leur banane ou leur orange et leur présenter pour qu'ils puissent les manger sans les salir. Par contre, nous retrouvons ça et là des petits sacs de plastique qui contiennent leurs feuilles de coke. Autre pays, autres moeurs.

samedi 7 juin 2008

Le lundi 2 juin

Le soleil brille encore à notre lever. Déjeuner frugal et montée au chantier dans la minivan de la communauté de Wari Occopampa. Notre chauffeur est en avance de sorte que nous pouvons partir dès 8 h.
Rendus sur le chantier, tous les membres de l'équipe s'organisent rapidement en fonction des tâches à réaliser que nous connaissons maintenant. Pierrette et ses ouailles s'attèlent à la difficile tâche de sasser le sable et de préparer le mélange sable ciment qui sert au crépi. Viateur prend une sérieuse option sur la meule à découper le ciment que le señor Anccasi lui cède difficilement. Denis le suit derrière pour découper à grands coups de petite masse et de poinçon les briques et le ciment des murs afin de nous permettre d'installer tantôt les boîtes pour les prises de courant, tantôt les tuyaux pour les conduites d'eau.
Jacques et Laurie choisissent l'option plomberie. En compagnie du señior Anccasi qui a opté pour Jacynthe comme apprentie, ils essaient de finaliser le système d'égout et d'alimentation en eau.
Très rapidement, les membres du comité chantier conviennent qu'il est difficile pour le moment d'estimer où nous serons rendus le 14 juin. Nous manquons encore d'outils et surtout de planification du travail.
Devant les hésitations d'Anccasi face aux travaux de plomberie, Jacques lui demande de nous procurer les plans. Il répond qu'ils sont à Lima. Alex insiste pour qu'il fasse en sorte que nous les ayons le lendemain.
Une réunion du groupe avait été convoquée pour 17 h. Tous les comités sont invités à faire le bilan après la première semaine à la Casa. Tour à tour un membre de chaque comité prend la parole, dresse un court bilan, fait quelques recommandations, et reçoit les commentaires et suggestions des autres membres du groupe. Lyne fait également le point sur le budget de notre mission: montant disponible, détails des dépenses encourues et à venir. Tous les membres de l'équipe semblent satisfaits des rapports des comités. Alex conclut la rencontre en nous partageant qu'il est très, très satifait de la façon dont les choses se déroulent, de l'implication de tous et chacun, et du climat qui règne au sein de notre équipe.

Le dimanche 1er juin 2008

Voilà une semaine que nous sommes au Pérou et nous sommes toujours sous le charme de ce pays fascinant et de ces gens chaleureux. Pour la première fois depuis notre arrivée, le ciel est couvert à notre lever. Mais il se dégage assez rapidement au cours de l'avant-midi.
En ce premier dimanche à Ayacucho, Jacynthe et Dolorès se sont levées tôt pour assister à la messe du dimanche célébrée à l'église tout près de la Casa à 7 h du matin. Elles nous rapportent que les fidèles récitent le chapelet en attendant le début de la messe. Le prêtre est arrivé en dévalant l'allée centrale une valise à la main. Elle contenait probablement les vêtements sacerdotaux. Il est entré dans ce qui semblait être la sacristie pour les revêtir, puis est revenu pour la célébration. Peu de gens ont accompagné nos deux délégués à la communion. Est-ce pour des raisons de piété (n'était pas en état de grâce) ou pour des raisons matérielles (peu d'hosties disponibles) ?
En après-midi, la majorité du groupe ont entrepris l'ascension vers le Mirador, point culminant situé au centre de la ville. Votre humble serviteur a consacré une bonne partie de la journée à tenter de mettre le blog à jour.
En fin d'après-midi, le comité du chantier (Pierrette, Jean-Roch, Viateur et Pierre) se réunit à l'invitation de Lyne, notre grande "argentière". Le but de la rencontre est de faire le point sur l'avancement des travaux et d'essayer de planifier le travail à faire (par les membres du groupe et au besoin en engageant d'autres ouvriers péruviens) et les matériaux à acheter en vue de l'objectif convenu avec les gens de Casira: terminer l'intérieur du dispensaire avant notre départ le 16 juin.
Le défi est de taille puisque la différence de mentalité entre les responsables péruviens du chantier et nous génère beaucoup de discussion, parfois des affrontements. Nous devons nous préoccuper à la fois de préserver un bon lien avec eux, maintenir le haut niveau de motivation et d'engagement de tous les membres de notre groupe et tenter d'atteindre l'objectif de notre mission.
Un souper spécial en ce dimanche soir. En effet, Bibiane, Mathieu et Alex se sont proposés pour préparer du pâté chinois québécois avec les produits péruviens. Jacques et Pierre ont pris la corvée de peler les patates, les trois autres volontaires se sont rendus au marché pour y acheter les autres ingrédients. La viande a été hachée devant Alex. Comme le maïs en boîte est introuvable, ils ont acheté des épis séchés desquels Bianca a enlevé les grains qui ont été bouillis afin de les amolir avant de les intégrer à la recette. Comme il en manquait pour tout le pâté, le maïs a été remplacé par des carottes pour une partie de celui-ci. Les cuisiniers ont réussi leur défi avec grande distinction. On se serait cru à la maison. Les péruviennes de la Casa ont été invitées á se joindre à nous pour déguster le plat en question. Tous ont très apprécié.

mercredi 4 juin 2008

Le samedi 31 mai: journée de tourisme

Alex nous a préparé une journée de visites et de plein-air. Dès 8 h 30, un minibus que nous avons loué nous attend devant la Casa. Direction Quinua, petite ville perchée sur l'autre côté de l'altiplano, en contre fort des montagnes que nous apercevons de notre Casa. Nous traversons la ville qui est déjà en effervescence. Les Péruviens semblent tous travailler le samedi.
Nous descendons vers les plaines étroites qui bordent le rio Alameda qui coule au sud d'Ayacucho. Nous pouvons observer de verts lopins de terre que les paysans semblent exploiter de façon optimale: culture de maïs et autres légumes. Quelques animaux errent ici et là. Nous voyons notre premier troupeau de vaches; après un bref décompte, elles ne sont qu'une dizaine.
Après avoir franchi le rio, notre minibus entreprend une longue montée vers Quinua qui nous attend à une vingtaine de kilomètres plus loin à 3 300 m d'altitude.
La jolie route que nous empruntons longe les ruines Huari. Ce site archéologique s'étire sur plusieurs kilomètres le long de la route. Nous faisons un arrêt au petit musée qui contient quelques vases et autres artéfacts. Un guide péruvien nous offre ses services pour une randonnée d'une heure ou une demi-heure à travers les ruines. Nous optons pour la seconde. Cette visite fut des plus intéressantes. Elle nous a permis de prendre connaissance d'une ligne du temps qui situe très bien la civilisation Huari, qui fut une des premières civilisation expansionniste, guerrière, qui a régné sur une bonne partie des hauts plateaux andins, entre 500 et 1 100 après J.C., soit 200 ans avant la dynastie Inca.

Avant de partir du site, le guide nous invite à traverser la rue pour aller goûter aux fruits des cactus qui couvrent les champs dans les alentours. Deux paysans y tiennent un petit étal. Pour 1 sole (environ 0,30 $) ils nous offrent 7 fruits de cactus qu'ils nous préparent en trois coups de machette. Nous sommes unanimes à qualifier le goût de ce fruit de sublime
Nous reprenons la route et quelques kilomètres plus loin et plus haut, nous arrivons à Quinua. Le minibus s'arrète vis-à-vis un genre de marché à étages où les femmes du village nous sollicitent pour acheter notre nourriture du repas du midi: arruz, puca picante, cuy, chicharrones y pollos. Les responsables des achats d'objets d'artisanat ont déniché une boutique qui semble les ravir.
Une des femmes qui nous a servi le dîner nous demande si Dolorès est médecin ayant entendu que nous étions au Pérou pour la construction d'un dispensaire de soin. Lorsqu'elle a su qu'elle était infirmière, elle a demandé à la consulter pour des maux de ventres et de la fièvre. Dolorès a accepté de l'écouter avec l'aide d'Alex comme interprète pour être sûre de bien comprendre. Malheureusement, l'état de santé de la péruvienne semblait nécessiter un examen plus approfondi. Dolorès lui a fait connaître les jours et heures d'ouverture d'une clinique à Ayacucho où elle pourrait être examinée gratuitement.
En montant dans le minibus pour reprendre la route, nous observons ce qui semble être une arène naturelle d'environ trente mètres de diamètre, avec deux entrées. Et oui, c'est bel et bien un arène pour la corrida (avec Amélie qui en fait la publicité) que l'on pratique à Quinua, mais sans tuer les taureaux, dit-on.
Quelques centaines de mètres plus haut, nous quittons la route pour emprunter une montée qui débouche sur un vaste plateau: le Sanctuario Historico Pampas de Ayacucho, le champs de bataille où le général Sucre avec ses troupes a vaincu les troupes royalistes espagnoles et ainsi les Péruviens ont obtenu l'indépendance de leur pays, le 9 décembre 1824. Un obélisque blanc haut de 40 mètres avec des bas reliefs relatant des scènes de la bataille domine la pampa. Nous pouvons apercevoir cet obélisque de la terrasse de la Casa de Carmen où nous habitons à Ayacucho.

Un peu en retrait, des gens du pays nous offrent une randonnée à cheval jusqu'au pied de la montagne. Après une quinzaine de minutes d'une lente chevauchée, nous descendons de selle pour emprunter un sentier dans la montagne. Après un trek de quelques minutes nous découvrons une belle chute sur le flanc de l'autre montagne. Nous remontons dans le minibus, et revenons sur nos pas jusqu'à la Casa, la mémoire remplie d'histoires, de gens et de décors exceptionnels.
En fin d'après-midi, Bianca et Pierre partaient pour aller faire du jogging lorsqu'en passant près du terrain des sports, un groupe de Péruviens et Péruviennes s'apprêtaient à jouer au volleyball.
Nous reconnaissons Delhia, une des femmes de la casa et à son invitation nous nous joignons au groupe pour un long match que seule l'heure du souper a interrompu.
En soirée, comme c'est presque devenu une coutume, plusieurs membres du groupe descendent à la Plaza de Armas.